Archives pour la catégorie La citation du jour

La citation du jour : « En terme de gestion et de communication de crise, je ne sais pas qui aurait pu faire mieux, mais je ne vois pas qui aurait pu faire pire. »

Petite citation… intégrale !

Merci Vincent Lindon.

La citation du jour : de l’universel au pluriversel

« […] l’universel éthique et politique (largo sensu) que le convivialisme vise à énoncer dans les termes les plus généraux (et donc partageables) possibles se présentent sous des formes particulières et plurielles. L’universalisme véritable n’est donc pas un universalisme mais un pluriversalisme.

Le fait que ces valeurs ne soient jamais exprimables dans un seul langage, dans les termes d’une seule culture, est une richesse. Chacune fait voir aux autres ce qu’elles ne voient pas, ou mal. »

Second manifeste convivialiste – Pour un monde post-néolibéral, Internationale convivialiste, Actes Sud, 2020

Pour aller plus loin :

Le convivialisme

Der Konvivialismus

La citation du jour : Lettre au président, Annie Ernaux

Une citation légèrement plus longue que d’habitude. Mais Le temps du loup (petite référence à Michael Haneke, pas du tout fortuite…) arrivant à grande vitesse, il faut peut-être laisser plus de place aux mots, tant qu’il en est encore temps…

Annie Ernaux, auteure française, a adressé une lettre au président, lue sur France Inter, le lundi 30 mars 2020. Auteure dont nous venons d’étudier La place en cours, avec mes troisièmes, juste avant le début du confinement. Intéressant prolongement inattendu :

Cergy, le 30 mars 2020

Monsieur le Président,

« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et  ce qu’on pouvait lire sur la  banderole  d’une manif  en novembre dernier –L’état compte ses sous, on comptera les morts – résonne tragiquement aujourd’hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux,  tout ce jargon technocratique dépourvu de  chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays :  les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de  livrer des pizzas, de garantir  cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle,  la vie matérielle.

Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas  là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. Un temps   pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent  déjà  sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde  dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde  où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie,  nous n’avons qu’elle, et  « rien ne vaut la vie » –  chanson, encore, d’Alain  Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui  permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

Annie Ernaux

 

On peut aussi réécouter cette lecture sur le site de France Inter.

La citation du jour : der Staat… der Mensch…

„Frei steht noch grossen Seelen ein freies Leben. Wahrlich, wer wenig besitzt, wird um so weniger besessen : gelobt sei der kleine Armuth ! / Dort, wo der Staat aufhört, da beginnt erst der Mensch, der nicht überflüssig ist : da beginnt das Lied des Nothwendigen, die einmalige und unersetzliche Weise.”

Friedrich Nietzsche, Also sprach Zarathustra, « Vom neuen Götzen »

La citation du jour : der Staat

„Staat heisst das kälteste aller kalten Ungeheuer. Kalt lügt es auch ; und diese Lüge kriecht aus seinem Munde : »Ich, der Staat, bin das Volk.«”

Friedrich Nietzsche, Also sprach Zarathustra, « Vom neuen Götzen »

La citation du jour : einen Ort verlassen

Wir lassen etwas von uns zurück, wenn wir einen Ort verlassen, wir bleiben dort, obgleich wir wegfahren. Und es gibt Dinge an uns, die wir nur dadurch wiederfinden können, dass wir dorthin zurückkehren.“

Pascal Mercier, Nachtzug nach Lissabon

La citation du jour : Ein kleines Stück Welt

Dieses Stück Welt hatte ihm gehört, war von ihm in tiefster Vertrautheit gekannt und geliebt worden ; hier hatte jeder Strauch und jeder Gartenhag Bedeutung, Sinn, Geschichten für ihn gehabt, jeder Regen- und Schneefall zu ihm gesprochen, hier hatte Luft und Erde in seinen Träumen und Wünschen gelebt, sie erwidert und ihr Leben mitgeatmet.“

Hermann Hesse, Knulp

La citation du jour : Langue et toponymes

« Une population ne vit pas sans attaches. Elle a façonné le paysage avec sa langue, sa vision du monde, sa culture, en donnant des noms aux lieux, aux collines, aux montagnes, aux portions de plaine, aux forêts, aux rivières. Les toponymes sont tous chargés de sens et forment le noyau dur d’une langue. Même s’ils évoluent, ils conservent une signification, un sens qui dépasse la durée d’une génération. Ils permettent de ne pas rompre la chaine des générations, ils nous mettent en relation avec ceux qui nous ont précédés. La connaissance des toponymes est un moyen de promouvoir un patromoine linguistique vivant, de surmonter le sentiment de déracinement, celui d’être de nulle part. »

Histoire de la langue régionale d’Alsace, p. 49,  R. Greib, J.-M. Nierdermeyer & F. Schaffner, Editions CRDP Strasbourg et SALDE.

La citation du jour : du particulier à l’universel

« Sartre l’avait compris dans les années soixante surtout : pour rendre compte de la marche de l’Histoire, il faut considérer principalement la marche des peuples ou des ethnies, et leur devenir ; pour comprendre et favoriser la progression des hommes vers l’universel humain, il faut aider à l’éclosion de la particularité, car elle constitue la réalité effective essentielle des hommes. »

Marc Chaudeur, Le valet noir

La citation du jour : Aliénation…

« L’aliénation, c’est le « devenir-autre » par inconscience de soi, par la précipitation à emplir cette béance de l’être qui ne sait, qui ne peut se choisir lui-même, en endossant une apparence, voire une identité – un uniforme ! – en définitive extérieurs à soi, étrangers. Un tel comportement est si fréquent en Alsace ! »

Marc Chaudeur, Le valet noir, Éditions Allewil Verlag, p. 109.

 

La citation du jour : « Une langue […] c’est un monde »

« Une langue, ce n’est pas seulement un moyen (un véhicule !) de communication, c’est un monde, une représentation du monde, eine Weltanschauung, c’est une esthétique, à entendre aussi au sens premier d’unité de sensations, d’une manière singulière de sentir et d’éprouver. La disparition d’une langue, c’est donc la disparition d’un monde et la fin d’un peuple. Il n’y a plus pour ainsi dire de peuple alsacien, seulement une population. »

Jean-Paul Sorg, postface de : Pierre Klein, Comment peut-on être Alsacien ?, p. 109

La citation du jour : « fulguration tragique »

« La politique du Chef, l’ivresse pseudo-identitaire : cela suffit ! Le temps est venu de couper court avec ces mauvais orgasmes, et de nous contempler à nouveau sans oripeaux et sans galons, à la lueur vraiment essentielle de la fulguration tragique. Une attitude bien alsacienne, doublement alsacienne, parce qu’elle circule, au contraire du totalitarisme, entre le singulier et l’universel. »

Marc Chaudeur, Le valet noir, Éditions Allewil Verlag, p. 218.

La citation du jour : La réforme territoriale

« De manière plus large, la « réforme territoriale » de l’équipe Valls-Hollande prolonge, réalise et entérine la politique conduite par la droite au pouvoir : à savoir, la mise au pas libéral des collectivités locales. »

Fondation Copernic

Pour lire l’article dans son intégralité : Réforme territoriale : le libéralisme devient local avec F.Hollande

La citation du jour : « l’alsacianitude »

« L’alsacianité de l’esprit, aujourd’hui on dirait l’alsacianitude, n’est ni un repli frileux sur des situations acquises, ni une nostalgie de situations antérieures et encore moins une attitude d’exclusion de l’autre et de sa différence. Au contraire, elle est résolument progressiste en ce qu’elle appelle à la convivialité des langues françaises, régionale et d’origine, et à la synthèse des cultures. Elle est Alsace au pluriel. Elle choisit la diversité, la pluralité, l’interculturalité et l’interdépendance sans sacrifier l’unité. Ce qu’elle désire créer, elle ne veut pas seulement le prendre au passé ; elle entend l’emprunter au futur. » (p. 88)

Pierre Klein, Comment peut-on être Alsacien ?, éd. Salde

La citation du jour : universalité vs uniformité

« Car la mondialisation nous entraine, d’un même mouvement, vers deux réalités opposées, l’une à mes yeux bienvenue, l’autre malvenue, à savoir l’universalité et l’uniformité. »

A. Maalouf, Les identités meurtrières

Réclamer un vrai statut pour les langues régionales en France, et une place à part entière dans leur zone d’expression, c’est refuser le rouleau compresseur de l’uniformité (linguistique) au profit de valeurs universelles transparaissant dans leurs différentes manifestations langagières.

La citation du jour : « Je suis ma langue »

« « Je suis ma langue. » Pas plus, mais pas moins. Et je dis que dans cette langue, on perçoit le voisinage des Romains, des Perses et tant d’autres peuples. »

Mahmoud Darwich, La Palestine comme métaphore

Ich bìn mini Sproch…

La citation du jour : être Alsacien

« Être Alsacien, c’est se considérer comme objet d’une discrimination en raison de la non-reconnaissance de toutes les parts de l’identité alsacienne et de la non-transmission de toutes les langues, de toutes les histoires et de toutes les cultures d’Alsace par la collectivité, et en conséquence, c’est agir pour mettre fin à toutes les néantisations et à tous les dénis. »

Pierre Klein, Comment peut-on être Alsacien, éd. Salde, p. 89

Alors agissons, à tous niveaux – blog, action politique, débat d’idées, associations, lectures, élections, parole quotidienne, usage quotidien de notre première langue (alsacien) -, etc. Comme le disait Bertolt Brecht :

Wer kämpft, kann verlieren. Wer nicht kämpft, hat schon verloren.

La citation du jour : « Les Alsaciens, pacifistes mais pas défaitistes »

« La conviction pacifiste n’est pas le défaitisme. La mobilisation peut prendre de nombreuses formes. Contre la décision d’abolition de la région Alsace, contre la dévalorisation de notre langue et de notre culture, contre une globalisation uniformisante et matérialiste, contre le maintien de Fessenheim*, de nombreuses actions pacifiques mais énergiques sont à portée de main des habitants de l’Alsace et de leurs représentants. il faut du courage, de l’imagination, de l’endurance et la capacité de s’unir malgré les différences de caractères. Profitons de la chance que nous avons en Alsace de ne pas être condamnés à la violence pour en être d’autant plus actifs, pour faire avancer nos convictions et notre vision d’une « alsacianité de l’esprit ». »

Jean-Marie Woehrling, extrait de l’éditorial du numéro 194 de la revue Land un Sproch – les cahiers du bilinguisme, juin 2015.

* Se trouve dans cette commune une centrale nucléaire en exploitation depuis 1978, dont la fermeture est sans cesse reportée…

La citation du jour : « Wunderland »

 

« Ich weiss e Land do gibt’s so viel Pfadle

We ne Spinnhoddel von Mensche ze Lit

Do webt m’r d’Frindschaft uff grosse Spinnradle

Do schengt m’r d’Lieb nit ab morn sonder hit

 

Steht nit uf de Kart, findsch’s nit uf de Küjel

Ke Pfarich, ke Grenz, erobersch’s nit mit ere Flint

S’esch’s Land vom Narr, vom Poet, vom Vollöjel

S’esch’s Land wo d’seh’sch in de Auje vo dim Kind

 

Refrain :

Kennsch du des Wunderland

Mir nennt’s Herz uff de Hand

En minem Land esch’s Wort « Garde-à-vous » verbannt »

Roger Siffer, extrait de « Wunderland », in 20 ans de chanson

P.S. : la graphie est celle du livret du disque.

La citation du jour : La « patrie »

« La patrie est un vaste concept, mais lorsqu’on va dans sa patrie on cherche un arbre particulier, un rocher particulier, une fenêtre. Ce sont des composantes très chaleureuses, pas un drapeau ou un hymne national. Je languis des petits détails. »

Mahmoud Darwich, La Palestine comme métaphore

La citation du jour : « Biodiversité linguistique »

« Et l’alsacien […] ? C’est d’abord une langue minoritaire de France. Or on le sait, la France a construit son identité autour du postulat que l’unité politique était inconcevable sans unité linguistique. Le député Barère l’a annoncé clairement à la Convention en 1794 : « L’émigration et la haine de la République parlent allemand. » Et pour Barère il n’y avait pas de différence entre allemand et alsacien.

Bien sûr les régimes qui se sont succédés depuis la période révolutionnaire n’ont pas repris à la lettre ce fanatisme linguistique qui, par moments, frisa la folie ; n’a-t-on pas songé par exemple à évacuer toutes les populations alsaciennes vers des régions francophones pour installer en Alsace des populations de « l’intérieur » ? Mais néanmoins, une ligne était tracée : l’identité nationale se construirait désormais autour de la prééminence absolue du français contre des langues comme le breton, le basque, l’occitan, l’alsacien.

Et si le nombre de locuteurs en alsacien est élevé (on l’estime à 600 000, chiffre à comparer, par exemple, à la population de la Corse – 350 000 – dont seule une partie parle la langue corse), c’est principalement en raison de l’annexion de la province au Reich allemand entre 1870 et 1918, période durant laquelle elle a été coupée de la langue française et soustraite à la politique linguistique de la République.

Certains chercheurs ont constaté que dans de nombreuses régions du monde la carte de la biodiversité linguistique se superpose à celle de la biodiversité de la faune et de la flore. La vivacité du dialecte et son enracinement dans la vie alsacienne tendent peut-être à alimenter ces analyses. Car les Alsaciens sont attachés à leur langue comme ils le sont à la nature, à la richesse et à la diversité de leurs paysages. »

Pierre Kretz, extrait de la préface de L’alsacien pour les nuls