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Kan bale an ARB, Glenmor

« Mais lorsqu’il y a un géant qui vous écrase le pied pendant une demi-heure, le fait même que vous réagissiez, que vous vous en débarrassiez, ce n’est pas de la violence, c’est de la contre-violence, c’est de l’auto-défense. » Glenmor, 26 juin 1982.

Un mìr ? Wàs wìlle mìr ? Wie làng noch wìlle mìr so widdersch màche ?

Worauf warten wir ?

Dàs es züe spät wìrd… ?

Oder ìsch es schon züe spät…

Sondage IFOP : les alsaciens à 83% pour le retour à l’Alsace

Club Perspectives Alsaciennes

2018-03-01 10_45_14-sondage ifop complet.pdf - Adobe Acrobat Reader DCA la demande des clubs de réflexion – Club Perspectives Alsaciennes, Initiative Citoyenne Alsacienne, Culture et Bilinguisme d’Alsace et de Moselle et Alsace Région d’Europe – , l’Institut de sondage IFOP a réalisé une grande enquête d’opinion sur plusieurs questions concernant l’avenir de l’Alsace, deux ans après son intégration dans le Grand Est. Ce sondage a été largement repris par la presse écrite et audiovisuelle le 20 février.

Voici le sondage ifop complet (pdf 32 pages)

Ce sondage, aux questions claires et précises, révèle qu’une large majorité des habitants de l’Alsace est hostile au Grand Est (dont seuls 8-10% en sont satisfaits) et qu’une écrasante majorité souhaite la création d’une collectivité territoriale à statut différencié fusionnant les deux départements du Rhin et dotée de compétences propres importantes (économie, enseignement, culture).

Les principaux messages à destination de l’Etat et des responsables politiques sont les suivants :

  • malgré l’intense campagne promotionnelle en…

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Testament électronique

Dìs wär’s…

La langue de communication en Alsace a été l’allemand (dans ses variantes dialectales), depuis belle lurette. A été.

Après avoir fait partie pendant plusieurs siècles du Saint Empire Romain Germanique (Heiliges Römisches Reich Deutscher Nation), l’Alsace passe au royaume de France au XVIIe siècle, mais garde quand même grosso modo ses particularités linguistiques jusqu’à la fin du XIXe siècle. Puis commence le va-et-vient entre la France et l’Allemagne. Allemande de 1870 à 1918 ; française de 1918 à 1940 ; allemande de 1940 à 1945 ; française depuis 1945. À chaque fois, à partir de 1870, cela entraina systématiquement des changements plus ou moins violents de langue officielle. À savoir quand même, là où les allemands toléraient par exemple l’usage du français pour les communes francophones d’Alsace, les français ne firent jamais preuve d’une telle tolérance pour toutes les autres communes non-francophones ! Au cours du chaotique XIXe siècle, les différentes variantes de l’allemand continuèrent néanmoins à rester langue de communication. Et puis arriva le traumatisme du nazisme, la mise au pas nazie, l’incorporation de force (les Malgré-nous), l’épuration , et la « répression » de l’État français par la suite : tout ce qui était systématiquement associé à l’« ennemi » était systématiquement dévalorisé et combattu, à commencer par la langue. La culpabilité prit naissance, « c’est chic de parler français », et on commença de ne plus transmettre la langue dans la deuxième partie du XXe siècle. C’est un résumé un peu simplificateur, forcément. Pour approfondir le sujet, consulter l’excellent ouvrage collectif : Histoire de la langue d’Alsace, que l’on peut trouver auprès des co-éditeurs, le réseau CANOPE de Strasbourg, ex-CRDP (espace de documentation et de ressource de l’Éducation Nationale, bien connu des enseignants), ou la maison d’édition La salde.

« Durant la décennie 1945-1955, 90% de la population était constituée de germanophones natifs, 15% de bilingues à dominante germanophone et 10% de francophones natifs. » (ibid. p.174). Alors qu’en 1946 « 91% des Alsaciens parlent le dialecte » (ibid. p. 192), en 1979 ils ne sont déjà plus que 75%. D’après l’OLCA (Office pour la Langue et la Culture d’Alsace – Elsassisches Sprochàmt), en 2012 il n’y a guère plus que 43% de personnes qui se déclarent dialectophones, et, surtout, ils ne seraient que 3% chez les 3-17 ans !

3% !

Dans une thèse de 1995 sur « la pratique du dialecte alsacien et l’identité culturelle chez l’adolescent« , François Rosenblatt conclut de façon suivante : « pour les nouvelles générations on ne peut plus parler de diglossie alsacienne » (revue Land un Sproch n° 200, décembre 2016).  Par « diglossie », on entend globalement une situation linguistique pour une communauté donnée dans laquelle deux langues sont utilisées, l’une étant plus valorisée que l’autre. C’est le cas du bilinguisme en Alsace à l’heure actuelle (pour les dialectophones) : l’alsacien pour la maison, l’intime, et le français pour l’extérieur, le public, le français étant largement survalorisé.

Encore faut-il se trouver dans une situation de bilinguisme pour pouvoir parler de diglossie… Or : 3%. À l’heure actuelle, il ne s’agit donc plus tellement de défendre le bilinguisme, mais peut-être davantage de le … relancer, redévelopper ! Dans le numéro 200 de la revue Land un Sproch, Jean-Marie Woehrling fait des constats amers : « Les richesses de Land un Sproch n’ont irrigué qu’un tout petit public et n’ont jamais su trouver l’audience méritée. […] Mais, c’est aussi, la léthargie intellectuelle de notre région, son incapacité de jeter un regard décomplexé sur la situation particulière de ce territoire, le conformisme franchouillard, qui ont rendu inaudible le message de la revue. » (p.9). Cette revue est l’outil de communication de l’excellente association « Culture et Bilinguisme d’Alsace et de Moselle« . Cette association historique rassemble des intellectuels qui sont au sommet du combat pour la défense de la langue et des particularités alsaciennes, association dont les différents membres et contributeurs publient régulièrement des ouvrages essentiels, interpellent les politiques de façon constructive, organisent des colloques, etc.

Mais leurs idées, fondamentalement progressistes, n’ont jamais trouvé écho au sein de la population alsacienne… L’Alsace rurale, celle où le dialecte est encore le plus vivace, place le FN en tête au premier tour des élections présidentielles de 2017. Être replié sur soi ne mène jamais qu’à… l’autodestruction. Ainsi soit-il.

Toutes les initiatives actuelles (largement relayées dans ces pages ces derniers temps) vont dans le bon sens : crèches en immersion, colonies dialectophones, créations artistiques en langue dialectale, enseignement bilingue, propositions politiques, etc. Mais si elles ne sont pas relayées, encouragées et soutenues par l’administration et, surtout, les médias (ainsi le veut notre époque), elles ne réussiront pas à se développer réellement, et surtout ne réussiront pas à prendre pied dans les mentalités, à gagner concrètement la population.

Constats amers.

Je laisse le combat à ceux qui sont sur place, à ceux qui sont compétents, en me contentant de leur donner visibilité.

Les contributions de ce blog n’apportent rien à l’amélioration de la situation linguistique. Elles ne font que se perdre dans l’océan sans fin des innombrables bouteilles à la mer, ses consœurs de misère, jetées sur la toile d’un clic de souris rapide et inconséquent.

Et si je croise mon semblable… dànn wìrd weder àlles guet – fuer e Paar Minüte – solàng mìr mìtnànder redde…*

 

  • Traduction : « … alors tout ira à nouveau bien – pour quelques minutes – le temps de parler ensemble… »

Ùn wàs jetzt ? : Weder Faschismus… noch Liberalismus !

Préliminaire pour les francophones (monolingues) :

Traduction du titre : « Et maintenant ? : ni fascisme… ni libéralisme ! » . « Nie wieder Faschismus » fait référence à un célèbre slogan antifasciste bien connu outre-Rhin…

En ce lendemain d’élections (premier tour de la présidentielle de 2017), c’est reparti pour le scénario de 2002. On nous refait le coup du « pacte républicain »… alors que nous avons le choix entre Macron et Le Pen ! Où est la république ici ?! Ce mot vient du latin « res publica », la « chose publique », autrement dit ce qui concerne la collectivité, ce qui concerne tout le monde, tout un chacun…

Inutile de revenir ici sur ce qu’est le Front national, un parti populiste (qui séduit le peuple en se référant exclusivement aux aspirations de base de ce dernier, dictées par la société de consommation, par le capitalisme…), d’extrême droite (raciste, autoritariste…). Un parti capitaliste et dont la vision du monde se réduit à… pas grand chose ! Si vous n’en êtes pas convaincus, passez votre chemin, je ne suis pas là pour vous convaincre. Et pour les Alsaciens qui ne l’auraient toujours pas compris (et pourtant ils sont bien nombreux – seuls quatre communes alsaciennes ont voté à gauche, quatre ! Zuem Glìck bìn ich von Schìlige/heureusement je suis de Schiltigheim – pour le reste, c’est en gros droite pour les zones urbaines, et extrême droite pour les zones rurales), le FN est profondément jacobin, et ne tolère aucune différence au sein de sa France, aucune tête ne doit dépasser : les cadres du parti voient d’un très mauvais oeil qu’une autre langue soit parlée en Alsace dans leurs rangs, l’alsacien ne sera jamais toléré par eux… enfin… encore moins que ce ne fut le cas jusqu’à présent, et c’est pour dire à quel point… !

Et Macron ? Un néo-libéral, un « banquier d’affaires » qui se cache derrière de belles étiquettes, mais qui ne prône pas grand chose de différent de son homologue féminin… Un énarque bien loin du Peuple, bien loin… Il veut baisser les dépenses publiques de « 60 milliards » : que va-t-il réduire, l’éducation, la culture, la santé et le social, ce qui fait le ciment d’une république ?! Ou bien le militaire, le violent, la haine ? Son choix est fait, avec « 10000 policiers et gendarmes supplémentaires » et « un service national universel », ce n’est pas là que se feront les économies… Et pourtant il veut faire « plus pour notre santé », mais comment ? Voudrait-il par hasard mettre en place la loi Tobin, et aller enfin ponctionner l’argent où il se trouve, chez les actionnaires et transactions boursières qui ne se préoccupent pas une seule seconde des aspirations du Peuple ? Cela m’étonnerait fort… Il surfe lui aussi sur le populisme, en promettant de restaurer « la fierté d’être français » et en relançant « une Europe protectrice » : « 5000 garde-frontières supplémentaires » ! Ma foi, nous n’en sommes qu’au début du réchauffement climatique, et les flux migratoires qui s’amorcent à peine sont franche rigolade à l’égard de ce qui va se passer avec les réfugiés climatiques à venir !

« Un fondement essentiel de toute éthique a été la règle d’or ou principe de réciprocité : traite les autres comme tu voudrais être traité. Mais la règle d’or ne peut plus avoir simplement une dimension horizontale, à savoir un « nous » et « les autres ». Nous commençons à nous rendre compte que le principe de réciprocité a aussi une dimension verticale : traite la génération suivante comme tu aurais voulu que la génération précédente te traite », Jostein Gaarder, L’héritage d’Anna.

Bref, il joue sur nos peurs, sur la peur de perdre notre sacro-saint confort…

Et l’Alsace dans tout ça ? Il veut « faire réussir nos territoires ». Chouette ! Mais qu’entend-il réellement par là ? : « Couverture en très haut débit et en 4G de tout le territoire d’ici 2022 » !?! Ainsi donc, pour « faire réussir nos territoires », il suffirait que tous « les gens qui sont nés quelque part » (Brassens) se contentent de pouvoir surfer sur leurs smartphones derniers cris grâce à la 4G généralisée !!! C’en est trop ! Nous ne sommes pas des abrutis écervelés qui n’ont pour seul objectif que de pouvoir vivre tête baissée, les yeux rivés sur les écrans de nos téléphones portables !

Alors certes, une fois de plus, je vais sembler avoir 28 ans de retard, mais il faudrait peut-être arrêter de nous prendre pour des cons (avec toutes mes excuses) : « Wir sind das Volk » ! « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk » !  « Wir sind das Volk »* ! , etc.

* Traduction : « Nous sommes le peuple » : 1989…

Alors non ! Nous, Alsaciens, qui avons la chance inouïe d’être bilingues de naissances, qui sommes un lien entre les cultures et les peuples, nous ne pouvons nous réduire à de telles simplifications et à de telles inepties réductrices !

Et pourtant, aujourd’hui, j’aimerais très exceptionnellement être de Dordogne, d’Ariège ou de Seine-Saint-Denis…

Wir sind das Volk ! Mìr sìnn e Volk !

Ainsi donc, on ne nous refera pas le coup de 2002, on ne rejouera pas avec des peurs déplacées : oui, cette fois-ci, nous serons réellement autour de 80% contre la barbarie, nous serons autour de 80% à rejeter l’horreur, quelle que soit la forme qu’elle prendra : ni Le Pen, ni ses idées – ni patrie, ni patron : ni Le Pen, ni Macron !

VOTE BLANC !

P.S. : Vous l’aurez compris, il s’agit là d’un billet d’humeur. Avec toutes mes excuses… Mais on peut être à la fois alsacien et de gauche !

Première colonie de vacances en immersion en alsacien (24-29 juillet)

En voilà une bonne idée ! Dìs ìsch e gueti Idee !

F I L A L | Storchennest

maidala-elsassischLe FILAL – en collaboration avec l’OLCA et le Groupement des Théâtre du Rhin – lance cette année la « première colonie de vacances » en immersion complète en alsacien (Elsasserditsch), Champ du feu.

Il y a 20 places pour enfants de 8 à 12 ans.

Une occasion unique de faire profiter vos enfants d’un véritable bain linguistique et d’activités ludiques en alsacien.

Inscription : Filalwissembourg@free.fr

« Wessa wella mer wàs mer send gseh

Wessa wella mer wàs mer send

Erscht no, kanna mer bstemme wàs mer welle wara  »

Andre Weckmann

Voir l’article original

Pour une réforme territoriale axée sur la spécificité linguistique de l’Alsace

Des idées… à prendre ou à laisser, mais qui ont le mérite de mettre la « spécificité linguistique » au premier plan.

F I L A L | Storchennest

Par Bernard Stoessel, Monique Matter, François Schaffner, Patrick Kleinclaus.

Une Alsace longtemps prospère

La réussite économique exceptionnelle de l’Alsace, depuis 1945 jusqu’à au début des années 2000, résultait pour partie d’une dimension culturelle rhénane bilingue héritée de son histoire permettant des relations institutionnelles, technologiques, professionnelles et économiques étroites avec ses puissants voisins germanophones, Cantons Suisses et Länder d’Allemagne fédérale. Cet avantage linguistique était à la base d’une prospérité sans égale en France.

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Résister au retour du nationalisme

Club Perspectives Alsaciennes

jean-marie-woehrlingLe CPA présente ses meilleurs vœux à tous les Alsaciens pour 2017. A cette occasion, nous réitérons celui qui nous est le plus cher, retrouver notre région Alsace. Nous débutons cette nouvelle année riche en perspectives par ce texte de Jean-Marie Woehrling, qui nous invite à résister aux sirènes du nationalisme.

Durant toute l’année 2016, nous avons assisté à une montée des nationalismes, dont le Brexit, les élections américaines, les primaires françaises et le referendum italien constituent des illustrations. Ce sont des réponses inadéquates à des questions justifiées. La globalisation, avec ses délocalisations industrielles, ses flux de populations, la paupérisation des classes moyennes, une bulle financière incontrôlable, la montée des déséquilibres climatiques, la croissance des risques terroristes, etc. incitent les populations à rechercher une protection.

Mais c’est bien vainement qu’elles pensent la trouver dans les recettes anciennes, les bons vieux « Etats-Nations ». Déjà peu convaincante pour une grande puissance comme les Etats-Unis, une telle stratégie…

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